Interpellation destinée à la Ministre Huytebroek : "La délinquance des jeunes est un phénomène préoccupant et particulièrement celui des bandes urbaines, qui concernent principalement des jeunes d’origine subsaharienne. La Région bruxelloise est particulièrement concernée par cette réalité, si bien que pour faire face à cette problématique, plusieurs zones de polices bruxelloises ont créé des sections spéciales « bandes urbaines ».
On le voit, cette problématique inquiétante mérite toute notre attention. En effet, loin de s’enrayer, le phénomène prend de l’ampleur. Les faits commis par ces jeunes sont graves, parfois d’une violence extrême allant jusqu’au meurtre. Le nombre de décès liés aux rivalités entre ces différentes bandes augmente ( Deux décès en 2006 ; on en a décompté 5 en 2009).
Afin d’aider ces jeunes en souffrance identitaire et de prendre ce phénomène à bras-le-corps, diverses associations actives sur le terrain ont vu le jour, je pense notamment à l’ « observatoire Bayaya » créée en 2002 à la suite du décès d’un jeune africain, à l’initiative et grâce à la volonté des mandataires d’origine congolaise et des aînés ou encore à l’association « Carrefour des jeunes africains ». Leurs actions sont variées : lutte contre la délinquance, le décrochage scolaire, encadrement de la jeunesse, travail de prévention, médiation interculturelle et intergénérationnelle, etc.
Véritables acteurs de terrain, elles bénéficient d’une expérience solide grâce au travail accompli et jouissent d’une relation privilégiée avec ces jeunes en décrochage et issus de quartiers difficiles. Aussi, dans le cadre de leur action, ces associations sont régulièrement amenées à collaborer avec la police, le parquet ainsi qu’avec le secteur de l’aide et de la protection de la jeunesse. A cet égard, il arrive fréquemment que les juges de la jeunesse fassent appel à leurs compétences lorsqu’elles peuvent aider le jeune via un suivi ou une guidance par exemple. Dans ce cas, ces associations se voient confier une sorte de « mandat » du juge de la jeunesse lorsque la mission entre dans le cadre de leurs compétences.
On ne peut que se réjouir des collaborations existantes entre le secteur associatif et les secteurs de l’aide à la jeunesse. Toutefois, et c’est là que le bât blesse, lorsque ces associations sont amenées à exercer ce type de missions confiées par les juges de la jeunesse, elles ne sont pas rémunérées pour leur travail, ce qui ne facilite pas la prise en charge. En effet, il n’est plus à rappeler combien le secteur associatif manque de moyens et qu’elles ne vivent bien souvent que grâce à l’aide de volontaires bénévoles.
Il me semble que vous avez eu l’occasion de rencontrer notamment l’association Bayaya. Vous souhaitiez voir comment travailler avec cette association pour circonscrire et percevoir ce que sont réellement les bandes urbaines. Quelles pistes d’action ont-elles pu être dégagées ? Quelles mesures ont été prises pour répondre au phénomène des bandes urbaines ? Dans la négative, comptez-vous prendre des initiatives en ce sens ?
A cet égard, lors d’une précédente interpellation vous rappeliez la nécessité de former les intervenants des secteurs de l’aide à la jeunesse aux rapports psychologiques du jeune au groupe ; de mettre à la disposition des divers intervenants des dispositifs leur permettant de mieux appréhender cette problématique et de l’intégrer aux formations proposées ; d’envisager l’opportunité d’une accompagnement spécifique lorsque les jeunes sortent d’IPPJ et enfin d’intégrer cette question dans les débats des conseils d’arrondissements de l’Aide à la Jeunesse de Bruxelles et d’autres grandes villes. Qu’en est-il de la mise en œuvre de ces mesures ?"
mercredi 26 janvier 2011
Le phénomène des bandes urbaines
Mercredi 26 janvier 2011 - Parlement de la Communuaté française - Séance plénière
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